Il est indispensable de lire, d’écouter, de contempler très lentement ce qui a trait au sacré: notre relation à Dieu doit ralentir, se poser, s’arrêter, préfigurant l’éternité de la relation qu’Il a voulue entre Lui et les hommes.
Ainsi dompté, notre esprit peut véritablement s’ouvrir à la lecture, à l’écoute, à la contemplation, il exulte, et cette jubilation peut s’envoler comme une grâce vers Dieu, en un juste retour à Lui!
Notre cœur peut rester impassible, si tel est le cas le moment n’est pas venu pour nous de recevoir cette nourriture. Mais si une fois régalés nous nous contentons de garder pour nous les forces apportées par ce dîner de roi, sans rien offrir en juste retour à Dieu, et sans partager avec nos frères, alors l’indigestion nous guette!
Il se trouve que notre nourriture principale réside dans la bible. Or les bibles sont nombreuses, elles sont toutes issues de traductions successives de textes plus ou moins anciens. Il est recommandé d’en consulter plusieurs, l’exemple suivant tiré d’une courte phrase issue elle-même d’une traduction du grand Saint Jean Chrysostome, Père de l’Église du IVème siècle, va vous le montrer.
Il cite Isaïe 11 v.10:
«Il viendra le rejeton de Jessé…son repos sera son plus beau triomphe.» («Le Christ est Dieu», chapitre 8, St Jean Chrysostome)
Cette tournure exalte la magnificence divine, car d’une part le mot «repos» qu’elle utilise renvoie à une parole du Christ qui s’apprêtait à ressusciter la jeune fille de Jaïre: «elle dort» disait Le Seigneur de la Vie; D’autre part afin de ne pas accabler de désespoir les fidèles du «Rejeton de Jessé» qui plusieurs centaines d’années plus tard Le verraient déposé au tombeau, le prophète Isaïe a banni le terme «mort», au profit de l’évocation d’un salutaire réveil; enfin Jésus reposait bel et bien dans Son sépulcre en ce sabbat de la pâque juive et Se reposait de toute Son Œuvre accomplie sur terre.
Nous comprenons mieux alors qu’utiliser dans les traductions un autre mot que celui aussi adéquatement choisi par le prophète Isaïe ferait perdre une grande part de la richesse de ce texte; or malheureusement, à ma connaissance seule la version grecque originale des «Septante», à laquelle sans doute Saint Jean Chrysostome a recouru, y fait explicitement référence!
Tel l’instrument de musique qui propage dans tout son sein la vibration des sons pour résonner et nous faire éprouver l’âme de l’Œuvre, ainsi agit l’Écriture. Les textes de la bible sont accordés les uns avec les autres, il est donc important de respecter scrupuleusement le sens des mots qu’ils utilisent afin que l’hymne qu’ils nous chantent exalte la Gloire du Seigneur.
C’est souvent par la lecture d’un auteur chrétien que s’ouvre une piste nouvelle de compréhension des écritures, où une citation commentée de façon nouvelle pour notre esprit devient soudain compréhensible. Je ne saurais que trop suggérer entre autres exemples, la lecture des sermons de Jacques Bénigne Bossuet qui sait illustrer ses propos par de nombreuses références à Saint Paul ainsi qu’à des citations de Saint Augustin.
Le véritable Enseignement de notre Dieu est atteint lorsque Ses leçons sont devenues évidentes au point de faire partie de notre être, à l’instar d’une nourriture mâchée, digérée, distribuée par le sang à tous les membres et organes du corps. Dieu nous a placés dans cette partie de ’univers matériel avec ses lois de fonctionnement, afin de nous préparer à Le rencontrer. Trois chiffres définis à partir du modèle cosmologique actuellement en vigueur par la science astrophysique montrent à quel point notre monde matériel visible n’est qu’une infime partie du tout, où l’invisible prévaut sous forme de matière et d’énergie appelées « noires », mais qui selon notre Foi sont des espaces dans lesquels Dieu nous apparaîtcaché :
AT : En vérité tu es un dieu qui se cache, Dieu d'Israël, sauveur. (Is 45 v. 15)
Importance de piocher dans les différentes traductions bibliques :
Le passage si important de l’éloge de la Sagesse, véritable préfiguration de la Vierge Marie, manque dans beaucoup de bibles catholiques et évidemment dans toutes les bibles protestantes puisque le livre duquel il est tiré (Siracide ou Ecclésiastique) est deutérocanonique. Il est absent des Septante.
Vulgate 24 v. 24
Moi, je suis la mère du pur amour, et de la crainte, et de la science, et de la sainte espérance.
Sacy 24 v.24
Je suis la mère du pur amour, de la crainte, de la science, et de l’espérance sainte.
Jérusalem 24 v.18
Je suis la mère du bel amour et de la crainte, de la connaissance et de la sainte espérance.
Crampon 24 v. 17
[Je suis la mère du bel amour, de la crainte de Dieu, de la science et de la sainte espérance.]
Liturgie 24 v. 18
Je suis la mère du bel amour, de la crainte de Dieu et de la connaissance et aussi de la sainte espérance.
T.O.B
rien
Osty
rien
Communautés chrétiennes
rien
On peut saluer la bible Crampon qui le cite entre crochets avec le commentaire suivant : « figure dans la Vulgate et quelques manuscrits grecs ». Je trouve anormal que les autres bibles n’aient pas fait cet effort de retranscription, car la Vulgate n’est pas la moindre des sources !