Comme un enfant

 

AT : ...Comme un petit enfant contre sa mère, comme un petit enfant, telle est mon âme en moi.

(Ps. 131 v. 2)


NT : "En vérité je vous le dis : quiconque n'accueille pas le Royaume de Dieu en petit enfant n'y entrera pas."(Lc 18 v. 17)


Combien nos pensées nous attirent vers ces époques où nous étions enfant ! L’erreur est de croire que le monde d’alors était meilleur; en réalité, c’est notre âme de tout petit qui le rendait beau et bon.

En grandissant, nous nous sommes persuadés que nous serions de plus en plus heureux dans ce monde, grâce à l’argent que nous allions gagner, par l’autonomie que nous allions acquérir, fruits de notre intelligence, de notre culture.


Or Dieu a pourvu l’homme d’intelligence uniquement dans le but de vivre sur cette terre, en vue de la domestiquer (voir rubrique "Monde nouveau"). L’intelligence ne peut susciter le bonheur de la relation à Dieu, qui est celle d’enfant à père.

L’adulte recherche malgré tout à dénicher par son intellect ce bonheur tant convoité; certes il atteint de belles satisfactions, mais jamais l’état de joie, d’insouciance, de confiance de son enfance. Il se résigne à considérer cet état primordial comme définitivement perdu, jusqu’au jour où il interroge son vécu: l’accumulation de savoirs que lui a offerts son intelligence ne lui a donc pas permis de retrouver ne fut-ce qu’une parcelle du bonheur de jadis ?


Notre intelligence, notre savoir, ne seraient-ils pas les outils adéquats ?


En effet, intelligence, culture, ne cessent d’affûter notre orgueil et de réveiller la tentation du premier péché: « vous serez comme des dieux ! » jusqu’à se persuader de pouvoir se passer de Dieu.

L’enfant est la perpétuelle promesse d’aboutissement faite par Dieu auprès des hommes. De Seth, enfanté par Ève dans la douleur de la perte d’Abel, à Isaac, promis à Abraham dans sa vieillesse, à Jacob, malgré la stérilité de Rebecca…à Moïse…jusqu’à Jésus, qui nous a rappelé cette Loi immuable de laisser venir à Lui -Fils du Dieu Vivant- les petits enfants.


Lorsque Jésus nous demande de tout abandonner pour Le suivre, Il évoque surtout me semble-t-il la nécessité de laisser de côté notre rationalité construite sur notre intelligence, nos connaissances, nos craintes, au profit du chemin qu'Il nous indique, certes parfois déroutant.

L’intelligence est pour ce monde, la foi est pour la quête de Dieu.

Le pire de ce que sait faire l’homme est de réglementer la foi par son intelligence.

« yéled » : « enfant », gématrie 26, comme celle de Yahvé !

Somme qui assomme, ou qui fait grandir

à condition d’admettre l’alpha et l’oméga de toute connaissance…

…qui tient en une page.